Allergie aux venins d’hyménoptères

Qui dans son existence n’a pas eu de frayeurs en entendant un vrombissement d’insecte se rapprocher de lui ? Qui n’a pas eu peur d’être piqué ? Qui n’a pas eu de petites rougeurs qui grattent après une piqure d’insecte ? Qui n’ose plus manger dehors quand les guêpes arrivent ?

Tout cela est bien banal, personne n’en parle et pourtant chaque année les piqures d’hyménoptères (On retrouve dans cette famille guêpes, abeille, frelon, bourdon) font plus de morts que les piqures de vipères dont tout le monde parle…

Les insectes piquent surtout pour se défendre ; les reactions allergiques aux venins sont dues le plus souvent aus piqures de guèpes ou d’abeille, mais les moustiques, les taons, les fourmis, les ephestias peuvent aussi donner des réactions locales anormales, dans nos pays et sous nos latitudes bien sur , mais il semble que le réchauffement climatique dont on parle tant ait permis à des insectes du Sud de « remonter » de plus en plus vers le Nord du pays.

Il n’est pas toujours facile de différencier les insectes ;

  • Abeille : 11 à 18mm de longueur, légèrement velue, trapue, de couleur noire avec des rayures orangées, peu agressive, possède une langue pour butiner le nectar des fleurs et faire du miel ; elles ont un aiguillon barbelé qui reste dans la peau après la piqure. La perte de l’aiguillon provoque la mort de l’insecte
  • Guêpes : 10 à 20 mm de long, sans poils, svelte, de couleur noire avec des rayures jaunes, agressive, possède des mandibules pour manger de la viande et des fruits, son aiguillon lisse (qu’elle peut retirer facilement) lui permet de pouvoir piquer plusieurs fois

Pourquoi et comment une allergie ?

L’allergie est un phénomène complexe qui est une réaction anotmale d’un organisme face à une substance qui lui est etrangère. Lorsque cette substance entre en contact avec l’organisme humain, (on l’appelle alors allergène) la personne allergique fabrique alors des anticorps particuliers, destinés à combattre spécifiquement l’allergène, ce qui declenche la maladie allergique

Que provoquent les piqures d’hymenoptères ?

Le plus souvent la réaction est qualifiée de normale et se traduit par une rougeur, des démangeaisons, un gonflement au point de piqûre qui va durer quelques heures (réaction toxique non allergique)

Parfois la réaction est plus importante et on parle de réaction looc-régionale avec une rougeur, un œdème, plus étendus et qui peuvent durer plusieurs jours

Les réactions allergiques sont immédiates. Elles se déclarent le plus souvent dans les premières minutes qui suivent la piqure, majoritairement même dans les 30 premières minutes ; Elles se definissent par l’appartion brutale de manifestations à distance du point de piqure pouvant aller de :

  • La réaction locale avec urticaire, rougeur, eruption, demangeaisons
  • La réaction généralisée le plus souvent œdème du visage, gonflement des extrémités
  • Le stade suivant peut etre l’apparition d’une gene pour avaler, parler, deglutir, traduisant un œdème de Quincke, pour arriver à la réaction la plus grave pouvant entrainer la mort , c’est alors le choc annaphylactique associant troubles tensionnels cardiaques et respiratoires , des vomissements et une diarrhée

L’apparition de réactions généralisées nécessite une prise en charge IMMEDIATE par le SAMU ou les pompiers. L’utilisation d’une trousse d’urgence contenant de l’Adrénaline injectable est egalement nécessaire pour les patients ayant des antécédents allergiques.

IL EST ENSUITE INDISPENSALE DE CONSULTER UN ALLERGOLOGUE POUR ASSURER LE SUIVI DU PATIENT ALLERGIQUE

Si vous avez dejà ressenti de tels symptomes après une piqure de guèpe ou d’abeille il est indispensable de consulter un allergologue pour etre rapidement pris en charge

Fréquences des reactions :

Les réactions générales concerneraient environ 3% de la population générale et jusquà 35% des apiculteurs.

Les piqures d’abeille ou de guèpes sont responsables de près de 40 morts chaque année en France (soit plus que les vipères dont on parle plus). Ce chiffre semble d’ailleurs sous évalué de nombreux decès survenant brutalement à la campagne sont, faute de témoins, déclarés à tort d’origine cardiaque.

Comment eviter les piqures !

  • Éviter les parfums et produits parfumés y compris la laque
  • Se couvrir (pantalon, manches longues, chapeau)
  • Éviter les vetements brillants ou lolorés
  • Stocker les ordures dans des sacs fermés
  • Éviter de laisser de la nourriture à l’air libre (viandes ou sucreries)
  • S’il existe un essaim d’abeilles ou un nid de guèpes à proximité d’une habitation, la faire détruire par les services adéquats (demander les adresses à la Mairie)
  • Ne pas faire de gestes brusques

Que faire en cas de piqure ?

  • Si un dard est visible (abeille probable) il doit être rapidement enlevé à l’aide d’une pince car il est accompagné de ses glandes à venon qui continuent à se vider pendant 5 à 10 minutes. Il faut faire attention pour éviter toute pression sur les sacs sous peine d’accélérer l’écoulement du venin
  • En cas de réaction locale, au niveau du point de piqure, refroidir si possible avec une poche de glace et apaiser les symptomes par l’application d’une crème à base de cortisone, et prendre un comprimé d’anti histaminique
  • En cas de réaction générale, extension de la réaction à distance du point de piqure (urticaire généralisée, œdème de Quincke ou choc anaphylactique) il faut surtout rester calme, ne pas trop bouger et appeler les secours d’urgence

Une fois l’urgence traitée, un bilan s’impose, il est indispensable de consulter un allergologue

Pourquoi consulter un allergologue ?

Devant une réaction loco régionale, il sera prescrit un traitement par anti histaminiques et corticoïdes en cas de nouvelles piqûres

Devant une réaction générale, l’allerglogue procèdera à une enquete ou interrogatoire (circonstances de l’accident, tentative d’identification de l’insecte piqueur), il pratiquera des tests cutanés et fera effectuer des prélèvements sanguins (IgE spécifiques)

Il pourra prescrire une trousse d’urgence qui comprendra selon les cas de l’adrénaline injectable, un corticoïde, un antihistaminique, un bronchodilatateur en cas de crise d’asthme

En cas de réaction généralisée importante et de tests cutanés positifs et/ou IgE spécifiques positifs, l’insecte responsable étant identifié, l’allergologue prescrira un traitement de désensibilisation.

Pour trouver un allergologue, merci de vous rendre sur la carte de France des allergologues

LA DESENSIBILISATION est le seul traitement de l’allergie aux venins d’hyménoptères.

Son efficacité est remarquable : 80% de réussite chez les sujets sensibilisés à l’abeille et 95% pour les sujets sensibilisés à la guêpe.

Comment se pratique une désensibilisation ?

En 2 phases :

  • La 1ere phase est la phase d’initiation du traitement ; elle consiste à injecter des doses croissantes de venin de guêpes ou d’abeilles par voie sous cutanée pour parvenir à une dose maximale de 100µg de venin, correspondant à plusieurs piqures d’hyménoptères ; dans certains cas la dose est de 200µg. cette augmentation des doses se fait en milieu hospitalier selon différents protocoles allant de plusieurs heures à plusieurs jours
  • La 2ème phase ou phase du suivi du traitement débute dès que la dose maximale est atteinte. Cette dose de venin sera considérée comme la dose d’entretien à injecter mensuellement la 1ere année, puis éventuellement toutes les 6 semaines jusqu’à la 5ème année, durée recommandée de la désensibilisation sauf exceptions
  • Ces injections mensuelles peuvent être effectuées en cabinet de ville

Demander toujours conseil à votre allergologue, lui seul peut vous répondre et vous traiter

Dr Françoise LEPRINCE Allergologue exclusive – Membre du comité de rédaction de l’ARCAA – Association de Recherche Clinique en Allergologie et en Asthmologie.

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