Après la COP 21 : le point sur la pollution, alliée des allergènes

Après la COP 21 : le point sur la pollution, alliée des allergènes

Les pics de particules l’hiver ou les pics d’ozone l’été favorisent et aggravent allergies et crises d’asthme.

 Il est bien connu que la pollution atmosphérique aggrave les allergies et augmente les crises d’asthme.

Elle favorise aussi la sensibilisation aux allergènes courants des sujets ayant une prédisposition.

Que ce soit en France, en Chine, en Inde, au Mexique, la pollution est loin d’être exceptionnelle et se reproduit souvent l’hiver, en fonction des conditions météorologiques. C’est un fléau international.

Les fines particules, en suspension dans l’air, proviennent de nombreuses sources (moteurs Diesel non équipés de filtre à particules, mais aussi de l’industrie, du chauffage individuel, de l’épandage agricole, de produits chimiques de l’industrie, mais aussi dans les maisons moins ventilées et moins aérées en hiver).

De très petite taille, les dites particules modifient la paroi des pollens pour libérer plus facilement les allergènes qui se diffusent ainsi en plus grand nombre et les rendre plus agressifs (protéines de stress des plantes). Les minuscules grains de pollen viennent se coller sur les particules et pénètrent plus profondément encore dans l’appareil respiratoire, créant des inflammations et favorisant le déclenchement de crises d’asthme.

L’effet est immédiat: irritations du nez, des yeux, de la gorge, toux, essoufflement, maux de tête. Les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées sont particulièrement vulnérables, de même que les fumeurs ou les personnes souffrant de maladies respiratoires.

« La pollution chronique est encore plus néfaste, car elle augmente la réactivité bronchique et favorise la production d’Immunoglobulines spécifiques » (Denis Charpin, chef du service de pneumologie-allergologie au CHU de Marseille). Il a aussi été démontré que la pollution chronique des particules (en hiver), ou de l’ozone (en été) reste omniprésente.

Les pollinoses sont plus fréquents en ville

 Faut-il pour autant rester chez soi ou sortir masqué?

Il ne s’agit pas de rester cloîtré à son domicile, car les habitations, ou l’on passe une grande partie de son temps, sont loin d’être sans polluants et allergènes ; mais il faut d’éviter de faire du sport en extérieur durant ces épisodes. Et les sujets sensibilisés ne doivent pas hésiter à suivre ou à reprendre leur traitement ou à la modifier.»

C’est en ville et dans les milieux industrialisés que l’on observe le plus de pollinoses. Et c’est aussi, en zone urbaine que l’on relève les niveaux les plus élevés de particules, et notamment à proximité des voies routières. Fréquemment, la France, comme d’autres pays, dépasse les valeurs limites européennes. Il y a sans doute des décès liés à la pollution.

Allergies : agir tôt pour éviter les complications

 Les Français mettent en moyenne 7 ans avant de consulter pour leur allergie, un délai bien trop long selon les allergologues, qui rappellent que cette maladie peut s’aggraver.

Les allergies saisonnières, dont le grand retour avec l’arrivée du printemps, commenceront bientôt ; elles doivent être prises en charge dès les premiers symptômes et doivent pousser à consulter rapidement pour éviter les complications. C’est le message véhiculé aussi par tous les allergologues. Un Français sur quatre souffre aujourd’hui d’allergie respiratoire, une proportion en constante augmentation.

Alors que la proportion des personnes allergiques était minime dans les années 1960, on compte aujourd’hui de 20 à 30 % de personnes allergiques en France (toutes allergies confondues: respiratoires, alimentaires ou médicamenteuses). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les allergies au quatrième rang mondial des affections chroniques et estime qu’en 2050 la moitié de la population de la planète sera allergique.

Selon la théorie «hygiéniste», cela tiendrait à la modification des styles de vie dans les pays industrialisés, avec notamment l’absence de stimulation du système immunitaire «par certaines bactéries en ville». La pollution figure aussi en bonne place dans les explications pour la flambée des allergies dans les pays occidentaux. Les particules fines, l’ozone et le dioxyde d’azote peuvent «initier» ou «exacerber» les réactions allergiques et l’asthme. La pollution intérieure des appartements ou maisons trop confinés pourrait aussi contribuer au phénomène.

Face à ce boum, il faut réagir rapidement et Identifier le coupable dès que les symptômes se manifestent: asthme, rhinite, conjonctivite, réaction cutanée. Or une allergie non prise en charge a tous les risques de s’aggraver.

Il est important de «traiter les symptômes légers pour limiter leur progression», car les crises peuvent s’aggraver par contact avec la source de l’allergie (grains de pollens, acariens, poils de chat).

Il est «important et utile de connaître exactement l’allergène en cause», en consultant un allergologue pour réaliser des tests cutanés ou par dosage sanguin.

Il sera ensuite facile (ou moins facile) d’éviter le contact avec les allergènes identifiés, en éloignant par exemple les animaux de la maison ou en remplaçant la moquette par du parquet dans son domicile. Concernant les pollens, impossibles à éliminer de l’air ambiant, il est recommandé d’éviter les promenades en forêt ou les pique-niques dans l’herbe qui entraînent une exposition prolongée. Il est important de ne pas autoriser le tabac à l’intérieur des maisons , et fumer « à la fenêtre » n’empêche pas la fumée de rentrer !

 Les traitements médicamenteux par antihistaminiques, corticoïdes ou bronchodilatateurs sont utiles, mais ils permettent seulement de «réduire et soigner les symptômes», sans guérir le malade, de même les « protecteurs et antiallergiques locaux »

La désensibilisation (ou immunothérapie allergénique), demeure «la seule solution thérapeutique ciblée permettant de traiter durablement» l’allergie, surtout chez des personnes handicapées au quotidien par leur maladie, selon Asthme et Allergies. Elle consiste à mettre régulièrement l’organisme en contact avec des doses infimes d’allergène, en augmentant progressivement les doses afin d’induire une tolérance, «l’immunothérapie allergénique» montre une efficacité variable selon l’ancienneté de la maladie et le terrain immunologique du patient. Il est toutefois impossible à l’heure actuelle d’anticiper le degré de réponse du patient à cette technique, les traitements se simplifiant beaucoup au fil des années (voie orale la plupart du temps, évitant les injections souvent redoutées pas les patients et.. les enfants !

Eliminer les causes possibles reste le premier réflexe à avoir :

 On sait depuis longtemps que si la grand-mère ou la mère a fumé, les enfants vont tousser !

Les chercheurs australiens, ont conclu que les enfants dont la mère a été exposée in utero au tabagisme de sa propre mère ont 10 à 20% de plus de risques de devenir asthmatiques, même si leur mère n’a pas fumé durant sa grossesse.

La cigarette fumée par la grand-mère durant sa grossesse pourrait bien être responsable de l’asthme de ses futurs petits-enfants. En effet, les enfants dont la mère a été exposée in utero au tabagisme de sa propre mère ont un risque accru de développer un asthme.

L’analyse des données montre que fumer lorsqu’on est enceinte d’une fille augmente de 10 à 20 % le risque que les enfants futurs de cette fille deviennent asthmatiques, et ce même si la fille elle-même ne fume pas pendant sa propre grossesse…

Pour les chercheurs, ces résultats plaident en faveur de la transmission d’un risque d’asthme lié à l’environnement des générations antérieures par des processus génétiques. Il faut rester prudent, car l’environnement et le mode de vie peuvent également jouer un rôle important.

Lignée paternelle

Les spécialistes ont longtemps considéré que seule la modification de notre environnement pouvait expliquer l’augmentation exponentielle des maladies allergiques et de l’asthme sur les trente dernières années.

L’asthme connu pour être une maladie héréditaire, n’est pas obligatoirement une maladie génétique. De multiples gènes sont mis en cause. En revanche, l’environnement a un impact sur la lecture de notre code génétique.

Conclusion :

Éliminer tous les polluants possibles, se protéger et se soigner restent les principaux objectifs de toute personne atteinte d’allergie. Une réflexion quotidienne sur l’environnement reste nécessaire, en plus des traitements médicamenteux ou immuno allergologiques présentés.

Dr Françoise LEPRINCE

Expert pour l’ ARCAA

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