Cet été, la balade à vélo de l’allergique

Le ciel est bleu, de repos cet après-midi et les arbres retrouvent doucement leur magnifique couleur automnale : que vais-je faire de ce temps libre??? Prendre mon vélo et partir faire une balade à travers la campagne!

Cela fait partie des « bonnes résolutions de la rentrée » qui sont prises l’été allongé sur la plage!!!

Mais tout d’abord :
 * Retrouver le vélo au fond du garage !
Eh oui, il n’a pas servi depuis cette fameuse balade au printemps, qui a été écourtée par manque d’entrainement. Mais hélas, avant cela il faut dégager les vieux pots contenant un fond de peinture, le bidon d’essence pour la tondeuse, ou du stockage de vieille huile de vidange en attente de transport à la déchetterie…Un garage est parfois mal ventilé et il n’est pas bon pour un allergique de respirer les émanations qui se dégagent de ces récipients. Maintenant, les mains dans le cambouis!, c’est vrai que la chaîne du pédalier doit être graissée: oui, mais attention à une allergie de contact. Les graisses usagées sont parfois mal tolérées par la peau du patient atopique et il n’est pas question de se nettoyer les mains avec du savon d’atelier (détergent aux micro billes qui peut être irritant) ou au trichloréthylène dont la bouteille traîne sur l’étagère!! Les pneus sont à regonfler : « Zut, il est crevé, je dois changer le changer. Heureusement, j’ai une chambre à air en stock!! Ouf!! »Mais là encore prudence chez le sujet allergique, car cette chambre à air en caoutchouc contient de nombreuses substances. Celles-ci font partie du processus de transformation et de fabrication du caoutchouc noir, en particulier : N-Isopropyl-N-Phenyl- 4- Phenylénediamine, du mercaptobenzothiazole ou des mélanges de Thiurames pour n’en citer que certains. La manipulation d’une chambre à air neuve peut être à l’origine d’allergie de contact.

Ça y est, le cycle est enfin prêt…

* Allons nous habiller !
Short et maillot en coton et vieilles baskets sont largement passés de mode et tout cycliste amateur se doit d’avoir une tenue « adaptée ». Le maillot peut être en fibres « respirantes »    (100% polyester) mais il peut également protéger contre les U.V ou contenir des capsules anti-bactériennes. Le short ( pardon : le cuissard court ou long!) contient également de nombreux matériaux : polyamide, Elasthanne, Lycra ou Strectch et pour les plus frileux il peut contenir de l’élastomère ou des élastiques en latex. Les chaussures de cyclisme doivent également faire l’objet d’une attention soutenue lors de l’achat : caoutchouc, cuir collé, matières synthétiques diverses ou même du daim sont bien sur à connaitre. L’ensemble de la tenue du cycliste amateur peut contenir de très nombreux matériaux protégés par des brevets d’exploitation qui doivent rendre le cycliste allergique très prudent quant à une éventuelle allergie de contact majorée par la transpiration.

* Nous voilà enfin partis !
Mais l’arrière saison, ses érables rougissants, ses frênes , bouleaux dont les feuillent s’envolent , ne met pas à l’abri du pollen. La « saison pollinique » ne se termine par en juillet : le regain (dernière coupe de fourrage avant l’hiver), mais également des asters, ambroisie … et les dernières fleurs des champs que l’on a envie de cueillir sont autant de source de pollinose. « Que la route est belle « , mais la morsure du soleil ( encore très présent) peut vite entraîner un coup de soleil ou une déshydratation (d’autant que la brise ou le déplacement d’air du au mouvement semble nous rafraîchir). La provision d’eau doit être suffisante et le tube de crème solaire ouvert cet été doit à nouveau être utilisé. L’effort est intense, la montée de cette cote semblait moins difficile assis dans la voiture!!. Allez encore un effort! . Mais en mettant le pied à terre, subitement une toux sèche accompagnée de dyspnée et de sifflement peut survenir. L’asthme d’effort se produit le plus souvent à l’arrêt de l’effort ( surtout d’endurance par temps froid). Ne pas oublier son bronchodilatateur peut se révéler capital pour l’asthmatique.

* Une petite pause, bien gagnée!
Attention les barres énergétiques doivent être celles habituellement consommées par le cycliste allergique et pas question de prendre celle donnée par le co-équipier! Ces apports énergétiques ( type gel à la caféine) sont à essayer quelques jours avant la ballade et surtout en dehors d’un effort. Les barres de céréales peuvent contenir des fruits à coque (noix, noisette ou arachide).Après un effort, il ne faut pas consommer n’importe quoi, car le bénéfice ressenti par un autre cycliste ne sera pas forcement du gout de l’allergique… Cette « petite pause » deviendra vite une « longue pause » si une guêpe (ou autre hyménoptère) s’invite au goûter. Un anti-histaminique, éventuellement des corticoïdes et surtout de l’adrénaline doivent être dans la sacoche du cycliste ( si il se sait allergique aux insectes). Dans ce cas il est profitable de prévenir les autres cyclistes qui font partie de la promenade et éventuellement de leur expliquer avant le départ, la façon d’injecter de l’adrénaline ( le plus souvent sous forme de stylo auto injecteur). Un téléphone portable ( en ayant rechargé la batterie avant le départ!!) est indispensable pour prévenir les secours d’urgence

Allez, bonne ballade tout de même, en espérant que le patient allergique saura ( en prenant quelques précautions) trouver avec bonheur le plaisir d’une promenade à vélo à travers cette magnifique campagne automnale de nos régions. »

Dr Michèle PIPART

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