Extrait livre noir – Asthme : n’attendez pas de siffler !

– Est-ce que vous sifflez ? interroge le médecin en auscultant Jean-Charles.
– Seulement quand je suis joyeux, répond celui-ci, l’air taquin.
Le praticien, habitué à la blague, sourit tout en examinant la radio de l’intéressé.
– Rien à l’auscultation et votre radio est normale. Vous n’avez pas d’asthme, conclut-il.
Jean-Charles sort rassuré de la consultation. A vingt-huit ans, il connaît depuis plus de deux ans des épisode de toux sèche qui le gênent surtout pendant la saison des pollens, mais peuvent survenir également au cours de l’hiver. Il est également gêné lorsqu’il court, surtout l’hiver quand il fait froid et sec. L’année suivante, la toux s’aggrave à tel point que le jeune homme se rend en pleine nuit aux urgences, où le diagnostic d’asthme est alors posé. Ce n’est plus une blague !
Autre cas, celui de Kahina, jeune asthmatique de neuf ans : alors qu’elle tousse de manière continue depuis plusieurs heures malgré les traitements recommandés dans ce type de situation, sa maman décide de l’emmener aux urgences sur les conseils de son allergologue. Les conclusions du médecin qui l’examine sont sans appel : « Votre fille ne siffle pas, elle n’a pas d’asthme, donnez-lui du miel ». La mère est abasourdie par cette réponse, car elle est certaine que sa fille a une crise sévère, identique à celle qu’elle a présentée un an auparavant. L’allergologue la convainc avec beaucoup de difficulté de se rendre dans le service d’urgence d’un autre hôpital où le diagnostic de crise d’asthme sévère est porté. Mais que se serait-il passé si elle n’avait pas été prise en charge à ce moment là ?
Une aggravation certaine et un séjour en réanimation ?
Plus de trois millions et demi de Français, soit 6 à 7% des adultes et 10% des enfants de moins de dix ans (source INVS), souffrent d’asthme, maladie respiratoire provoquée par une contraction anormale des muscles bronchiques et une inflammation des muqueuses. Ce spasme provoque des épisodes de gêne respiratoire brutale mais passagère, souvent accompagnée de toux et de sifflements. Cependant et contrairement à une idée reçue, on peut avoir de l’asthme sans sifflement. D’où la difficulté de porter un diagnostic, l’examen le plus précis étant l’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR).
Reconnaître des manifestations qui, en dehors du sifflement, peuvent évoquer un asthme se révèle indispensable. CItons les cas de figure les plus fréquents. Plus de deux bronchiolites chez un bébé, des bronchites à répétition ou des « bronchites sifflantes », tousser lors d’efforts, un essoufflement permanents, des épisodes de toux sèche qui persistent plusieurs mois ou récidivent chaque année pendant la période des pollens ou en hiver. A noter également qu’environ 40% des personnes ayant une rhinite allergique risquent de présenter un asthme dans les années futures. Ajoutons que le terme de « bronchite asthmatiforme » ne doit plus être utilisé, car il ne correspond pas à une maladie. Soit ce sont des bronchites sifflantes, soit c’est de l’asthme.

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