L’asthme à l’école

La crise d’asthme est impressionnante non seulement pour l’enfant qui la vit mais aussi pour son entourage. Vous pouvez aider l’enfant à mener une vie normale à l’école en connaissant son asthme, en sachant quand et comment il doit prendre ses médicaments et en l’aidant à garder son calme.

 

QU’EST-CE QUE L’ASTHME?

L’asthme est une réaction anormale des bronches qui réagissent à une irritation en se rétrécissant rendant l’inspiration et l’expiration difficiles. L’asthme concerne 1 enfant sur 10 en France.

COMMENT L’ASTHME SE MANIFESTE CHEZ L’ENFANT

Les crises d’asthme se manifestent par un essoufflement et de la toux. Le rétrécissement des bronches est angoissant et gêne la respiration qui devient sifflante.

Elles peuvent être légères et occasionnelles ou être très invalidantes. Dans ce dernier cas seulement, l’enfant n’a pas une scolarité normale, il ne peut ni participer aux jeux ni faire du sport.

QUELLES SONT LES CAUSES DE LA CRISE D’ASTHME ?

L’asthme est une modification des bronches qui les rend sensibles à de nombreux facteurs irritants. Ce n’est ni une maladie infectieuse ni une maladie psychologique, bien que dans certains cas, les émotions intenses et les viroses respiratoires hivernales puissent déclencher des crises.

Les facteurs déclenchants de l’asthme comprennent les affections virales (rhume), l’allergie, un effort intense, un climat froid et venteux, un état d’excitation ou de fou rire, certains polluants de l’air en particulier la fumée de tabac.

L’allergie est une forme de sensibilité dans laquelle des substances qui n’affectent pas des personnes saines déclenchent des crises chez les asthmatiques.

Les allergènes respiratoires les plus courants étant:

  • les acariens, qui sont de minuscules organismes contenus dans les poussières domestiques.

  • les pollens des graminées (herbes), des arbres (bouleaux, cyprès, frêne..)

  • les fourrures, poils et squames d’animaux.

Les allergiques peuvent présenter d’autres symptômes associés ou non à l’asthme : eczéma (irritation, démangeaison ou rougeur de la peau), yeux rouges et larmoyants (conjonctivite allergique), écoulement du nez ou éternuements (rhinite).

S’ IL Y A UN ENFANT ASTHMATIQUE DANS LA CLASSE:

Les parents doivent informer l’enseignant de l’asthme de leur enfant, des conditions de déclenchement des crises, des symptômes, (penser en particulier à la toux, souvent considérée à tort comme n’étant pas de l’asthme) et du traitement.

L’enseignant doit aussi se faire aider par le personnel médical de l’établissement.

  1. Autoriser l’enfant à prendre ses médicaments quand cela est nécessaire et les garder dans la classe et non dans l’infirmerie.
  2. Ne pas placer l’enfant près du radiateur lorsqu’il fonctionne.
  3. Enlever les animaux de la classe si le médecin de l’enfant l’a recommandé.
  4. Eviter les fumées ou émanations en laboratoire de chimie.
  5. Ne pas mette l’enfant en récréation si sa respiration est sifflante.
  6. S’assurer que l’enfant allergique aux pollens est correctement traité avant de l’emmener à la campagne au printemps.

ACTIVITE PHYSIQUE ET JEUX

L’enfant asthmatique, sévèrement atteint, ne peut pas toujours avoir une activité physique intense. Par exemple, après avoir couru cinq à six minutes, l’enfant peut avoir une quinte de toux ou une crise d’asthme avec respiration sifflante susceptible de durer de quelques minutes à une heure en absence de médicaments. On appelle cet asthme un « asthme induit par l’exercice ». Le sport lui-même et l’importance de l’effort sont donc à prendre en compte.

La respiration sifflante s’aggrave les jours froids et secs plus que les jours chauds et humides. Un effort prolongé est plus gênant qu’un effort bref, même violent. On déconseillera une longue course à pied un jour froid d’hiver mais pas un sprint.

L’enfant peut faire un sport d’équipe en choisissant bien une position qui lui soit appropriée.

La natation est un sport excellent et ne déclenche que très rarement des crises.

L’eau ne doit pas être trop froide ni trop chlorée.

L’enfant peut, avant de produire un effort, prendre un bronchodilatateur et ainsi prévenir la crise. L’échauffement est également conseillé avant le sport.

Un enfant ne doit pas être exclu des activités sportives, il pourrait en souffrir psychologiquement et se sentir isolé. Les professeurs d’éducation physique doivent donc solliciter ces enfants, leur permettre de prendre leurs médicaments et les emmener avec eux sur le terrain de sport. Les enfants refusant de participer aux sports doivent être encouragés et mis en confiance. Il faut leur dire que des sportifs asthmatiques ont remporté des compétitions et même des médailles olympiques.

15 % des athlètes des Jeux Olympiques d’Albertville étaient asthmatiques. Mais il ne faut pas forcer un enfant asthmatique s’il se sent trop essoufflé pour continuer.

PEUT-ON EVITER LES CRISES D’ASTHME ?

Il faut que les enfants évitent d’être en contact avec les allergènes. Ainsi au printemps, les enfants allergiques au pollen des gazons peuvent voir des crises (fin mai à fin juillet). Ils doivent éviter de se promener sur les pelouses à ce moment-là.

Les cochons d’Inde, hamsters, oiseaux et lapins peuvent aussi être cause de crises et il ne devrait pas y en avoir en salle de classe.

Les fumées ou émanations, à la suite d’expériences en salle de laboratoire sont également à éviter.

En cas d’allergie alimentaire, le régime doit être respecté, un Protocole d’Accueil Individualisé mis en place pour parer à toute réaction allergique. Il faut savoir que l’asthme est un facteur de risque très important chez un enfant qui a une allergie alimentaire.

COMMENT AIDER L’ENFANT \PENDANT LA CRISE?

L’enfant aura certainement connu auparavant cette situation et saura donc quoi faire. Voilà comment l’aider :

S’assurer de la prise immédiate et correcte du médicament

L’asthme varie tellement suivant les individus que l’on ne peut pas donner de règle générale à suivre, mais néanmoins, il faut savoir que :

  • le bronchodilatateur procure un soulagement immédiat en dilatant les bronches. S’assurer qu’il est inhalé correctement. Un PAI est également fourni pour la prise de bronchodilatateur à l’école. La prise peut être répétée toutes les 10 minutes pendant une heure si nécessaire, il est bien évident que dans le cas où elle ne cède pas dès les premières bouffées, les secours doivent être apellés.

  • il est inutile de prendre des médicaments dits préventifs pendant la crise car ils n’ont pas d’effets immédiats.

Rester calme et rassurer l’enfant.

La crise d’asthme est impressionnante. Il ne faut pas céder à la panique mais garder son sang-froid. Pensez calmement et efficacement à ce qu’il est possible de faire. Parler à l’enfant et le rassurer, bien écouter ce qu’il dit et ce qu’il désire. L’enfant a déjà vécu cette situation.

L’aider à respirer.

Pendant la crise, la respiration devient rapide et peu profonde. Dire à l’enfant de respirer profondément, de se décontracter : certains enfants ont appris à se relaxer dans certaines crises.

Savoir quand appeler un médecin à l’aide

Appeler un médecin si malgré la prise du traitement, aucune amélioration ni apparaît au bout de 15 quinze minutes

– si l’enfant est angoissé et a du mal à parler (en cas de crise sévère, il lui est presque impossible de parler) ;

– si l’enfant se sent épuisé;

– si ses lèvres deviennent bleues

– si son pouls est supérieur à 120 pulsations/minute ;

Ne pas hésiter pas à appeler une ambulance (Samu, Pompiers) si un médecin n’est pas joignable

Autres conseils pour aider un enfant en crise :

S’il fait chaud dans la pièce, ouvrez les fenêtres mais pas trop, surtout si l’air est froid à l’extérieur.

Déboutonner le col de sa chemise et enlever le foulard ou l’écharpe si l’enfant en a une.

Offrez-lui à boire de l’eau tiède. La bouche se dessèche rapidement quand on respire très vite.

L’enfant récupère en général bien après une crise, proposez-lui de reprendre son activité.

L’asthme est une affection courante chez l’enfant, mais il ne faut jamais le prendre à la légère, en effet 5 enfants meurent d’une crise d’asthme tous les ans en France.

EN RESUME

– Un enfant sur dix est asthmatique.

– L’allergie est la cause la plus fréquente de l’asthme.

– L’asthme est une vraie maladie et non pas une réaction émotionnelle.

– Les asthmatiques nécessitent un traitement régulier afin de contrôler leur gêne et de prévenir les crises.

– Grâce aux traitements les asthmatiques peuvent mener une vie normale.

L’enseignant doit aussi:

  • Connaître le problème de l’élève.

  • Lui permettre de prendre ses médicaments.

  • Eviter les stimuli pouvant provoquer les crises.

  • Ne pas négliger la maladie.

Le traitement bronchodilatateur doit être toujours à portée de main, la rapidité de la prise du traitement est un facteur essentiel pour éviter l’aggravation de l’état respiratoire de l’enfant.

L’asthme concerne 2,5 millions de Français dont 1/3 d’enfants, et, chaque jour, 7 personnes meurent, dans notre pays, d’une crise d’asthme grave. Malgré les traitements très efficaces, de récentes enquêtes prouvent que la qualité de vie des asthmatiques reste médiocre. Il est donc apparu essentiel de mieux informer tous ceux qui sont concernés par l’asthme: acteurs de santé, asthmatiques et leur famille.

Dr Françoise Leprince

Allergologue, membre du collège d’experts SEIQA

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