Le livre Noir des allergies : la fumée de tabac ( extrait )

Fumée de tabac

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Les commodes ne sont pas les seules sources de formaldéhyde dans une maison. Il faut y ajouter l’ensemble des meubles en bois aggloméré qui utilisent des colles thermodurcissables à base de formol. S’y ajoutent les produits cités plus haut, parmi lesquels le plus tenace et peut-être le plus méconnu : la fumée de tabac.

On pense souvent qu’une fois le nuage de fumée dissipé, les risques pour la santé s’envolent eux aussi.
Grave erreur ! Pour s’en convaincre, écoutons les explications du professeur Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme : « Les résidus de la fumée constituent une pollution par des particules très fines. Plus de la moitié de leur masse est contenue dans des nanoparticules, des particules de moins de 100 microns de diamètre. Celles-ci restent longuement en suspension dans l’air puis se déposent en couches de poussière sur toutes les surfaces de l’habitation, meubles, vitres, mais aussi moquette sur laquelle jouent les enfants. Murs peints ou sols lisses offrent une faible surface, tandis que moquettes et rideaux ont une surface jusqu’à mille fois supérieure à leur taille du fait de leur structure, multipliant la quantité de nanoparticules de fumée déposée. Ainsi, lors de la moindre vibration, ces dépôts sont prêts à se remettre en suspension dans l’air, créant ainsi un tabagisme ultra-passif. »

Selon l’OMS, le tabagisme passif représente la source la plus fréquente de la pollution domestique et la plus dangereuse, du fait du temps important que nous passons dans les habitations. La durée et l’exposition à la fumée de cigarette jouent un rôle déterminant dans les risques d’augmentation du cancer, aggravation des crises d’asthme, de bronchites, de rhinopharyngites, d’otites.

Il y a pire encore, puisque l’étude menée en 2013 par le Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris (LHVP), à la demande de l’enseigne Midas, a montré qu’il fait moins bon respirer dans sa voiture que dans son propre logement ou même dans l’air pollué des villes. Car, en plus du benzène et du dioxyde d’azote aspirés de l’extérieur par la ventilation des véhicules, les automobilistes sont exposés à toute une série de polluants d’origine interne, d’autant plus intenses que les véhicules sont flambants neufs. Et, contrairement à une idée répandue, la fumée ne s’évapore pas comme par enchantement en ouvrant les fenêtres. Au contraire, les particules fines émises par la combustion des cigarettes vont imprégner les sièges des voitures pendant de longs mois.

Pour mener à bien son étude, la laboratoire a examiné une flotte de cinquante-sept véhicules, la plupart neufs ou très récents. Dans plus de 40% des cas, la valeur dite « de confort », c’est-à-dire pas plus de 300 ug/m3 en composés organiques volatiles (COV) était dépassée. Or, au delà de ce seuil, on estime que les COV peuvent être source d’irritations diverses de la peau et des muqueuses, et provoquer des difficultés respiratoires. Autre donnée troublante : dans près d’un cas sur quatre, la valeur guide de formaldéhyde – 10ug/m3 – était également franchie. Fumer en voiture entraîne un taux de pollution par les particules trois fois supérieur aux taux maximum préconisé par l’OMS. Plusieurs pays européens ont déjà interdit la cigarette dans les voitures, la France étant en retard dans ce domaine.

Le 26 septembre 2014, la ministre de la Santé a, dans le dernier plan de lutte contre la tabagisme passif, interdit de fumer dans les voitures en présence d’enfants de moins de douze ans.

Dans la plupart des pays industrialisés, enfants et adultes passent entre 70 et 90% de leur temps dans des espaces clos, logements, transports, écoles ou bureaux.
Pour protéger la population, en particulier les personnes les plus fragiles, les enfants notamment, l’OMS a édicté des valeurs guides en formaldéhyde et composés organiques volatils. Personne ne devrait être exposé à une concentration de formaldéhyde supérieure à 100 ug/m3 (au maximum pendant deux heures). C’est en effet au delà de ce seuil que les irritations augmentent de façon significative chez les personnes en bonne santé.

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